psychologie

Comprendre l Art Thérapie

COMPRENDRE l'ART THERAPIE

 
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L’art-thérapie, encore peu connue, se répand comme technique de soin. Mais si elle est à la portée de tous, elle ne se pratique pas n’importe comment. Voici des conseils pour bien réussir ses séances.

 

L’enjeu clé de la séance d’art-thérapie : se comprendre

 

Comprendre ce qui se joue en soi est essentiel pour agir et devenir créateur de sa vie, c’est pourquoi un temps de parole verbal est toujours proposé à chaque séance .

 

Pour que la thérapie soit efficace l’entière participation du consultant est indispensable, chaque atelier est proposé et donc non imposé. Si l’atelier venait à ne pas convenir au patient pour une raison ou pour une autre, le thérapeute en suggérera un différent jusqu’à ce que cela fasse écho à la personne. La bienveillance du thérapeute et sa réelle écoute seront donc indispensable pour ne pas influencer le choix du patient.

 
 

Les bénéfices au quotidien de l’art-thérapie

 

Apprendre à explorer, écouter ses émotions et agir en pleine conscience grâce à la créativité apporte beaucoup de bien être dans le quotidien des personnes ayant expérimenté l’art-thérapie.

 

Beaucoup vous diront qu’elles ont changé leur manières de vivre et appréhendent désormais les difficultés de manière différente et avec plus d’ingéniosité !

 

Chercher en soi même la ressource intérieure en rapport avec l’épreuve ou la difficulté du moment à affronter, c’est là toute l’importance de nourrir sa créativité d’être à son écoute, car c’est bien cette capacité à créer à imaginer qui font que la vie devient plus joyeuse et plus simple aussi .

 

Les techniques apprises lors des séances peuvent parfaitement être réalisées ensuite chez soi en autonomie, créant alors une véritable boite à outils thérapeutique et bienveillante toujours à portée de main !art-thérapie-bien-être

 

 

 

Quelques conseils pour une Art thérapie sereine

 

Assurez vous tout d’abord d’être à l’aise avec le thérapeute choisi. Veillez à ce que le professionnel vous propose des ateliers qui vous parlent et qu’il s’agisse bien de propositions et non de » choix imposés. En effet,un travail créatif ne peut se révéler thérapeutique que s’il est consenti.

 

Un échange  verbal doit pouvoir être accueilli, même si il n’est pas toujours obligatoire, pour que le travail thérapeutique puisse être complet.

 

Le matériel n est pas forcement compris dans le prix de base des séances mais il doit être fourni par le thérapeute  sauf supports à portée symbolique , on peut vous demander une boîte , un tissus , des cailloux ou divers accessoires mais pas les ciseaux ,colle ,pinceaux , peinture de base .

 

Enfin et c’est souvent le sujet tabou , le prix : vérifiez que le tarif corresponde à ce que vous pouvez réellement donner et n’hésitez pas à négocier le prix de vos séances par rapport à vos revenus , cela fait parti des pratiques déontologiques enseignées aux art-thérapeutes.

PREMIER CADRE DE DIALOGUE ET DE PROMOTION DES DROITS DES ENFANTS « SINEA », ORGANISÉ PAR L’ASSOCIATION ABE2A.

PREMIER CADRE DE DIALOGUE ET DE PROMOTION DES DROITS DES ENFANTS «

SINEA », ORGANISÉ PAR L’ASSOCIATION ABE2A.

L’Association pour le bien-être des enfants et des adolescents d’Afrique (ABE2A) organise un cadre de dialogue citoyen autour de la promotion des droits des enfants et des ados appelé Salon international de l’enfant et de l’adolescent (SINEA). Ce premier salon est prévu du 14 au 16 juin prochain, à Ouagadougou. C’est ce qui a été annoncé à la presse ce jeudi 22 mai 2014 lors d’une conférence animée en particulier par la Commissaire générale du SINEA, Alice DIARRA.

La Commissaire générale du SINEA, Alice DIARRA (avec micro).

Une plateforme d’échanges de trois jours autour des enfants et adolescents est prévue du 14 au 16 juin prochain à Ouagadougou. Elle se nomme Salon international de l’enfant et de l’adolescent (SINEA) et a été initiée par l’association pour le bien-être des enfants et des adolescents d’Afrique (ABE2A). C’est ce qui a été annoncé à la presse, ce jeudi 22 mai 2014 à Ouagadougou.

La principale ambition de ce premier SINEA selon ces promoteurs est de cultiver un espace de large mobilisation et d’expression citoyenne pour la promotion des droits de l’enfant et de l’ado. Ce cadre d’échanges se tiendra à Ouagadougou en marge de la célébration de la journée de l’Enfant africain commémorée chaque 16 juin. Pour la commissaire générale du SINEA, Presidente de l’association ABE2A, Alice DIARRA, « le salon mobilisera plus de 300 participants (Personnalités politiques, Société civile, leaders d’opinions, ONG, Enfants et grand public…). Des rencontres B to B, des conférences publiques et une foire d’exposition qui part de l’alimentaire à l’habillement, sans oublier le récréatif et la culture générale ». Elle a aussi indiqué que les principales activités sont entre autres des journées de solidarité enfants, des conférences – débats, de gala, de Baby show et des activités récréatives.

Les promoteurs, par la voix de Alice DIARRA, comptent organiser une campagne de sensibilisation et de communication afin de convaincre le public sur les enjeux de cette manifestation.

Le SINEA exhorte toutes les autres associations et ONG œuvrant pour le bien-être des enfants, mais aussi les hommes de médias à s’impliquer davantage pour la réussite de ce premier salon.

Noufou KINDO

http://burkina24.com/2014/05/23/premier-cadre-de-dialogue-et-de-promotion-des-droits-des-enfants-sinea-organise-par-lassociation-abe2a/

RSS Salon international de l’enfant et de l’adolescent (SINEA) 2014 1ère édition du 14 au 16 juin 2014 au centre commercial Laïco de Ouaga 2000

http://www.wikiburkina.net/2014/01/14/salon-international-de-lenfant-et-de-ladolescent-sinea-2014-1ere-edition-du-14-au-16-juin-2014-au-centre-commercial-laico-de-ouaga-2000/

L’association pour le bien être de l’enfant et de l’adolescent africain (ABE2A) organise la première édition du Salon international de […]

L’association pour le bien être de l’enfant et de l’adolescent africain (ABE2A) organise la première édition du Salon international de l’enfant et de l’adolescent (SINEA) 2014 du 14 au 16 juin 2014 au centre commercial  Laïco de Ouaga 2000 sous le thème : Etre enfant ou adolescent au 21e siècle : Enjeux, défis et perspectives. Ce thème sera décortiqué au cours de colloques, conférences et expositions.

Infoline : 00226 78 03 08 58 / 77 01 74 08

L’association Art pour le développement de Lavit

Au printemps, l’association Art pour le développement de Lavit était distinguée lors des Tremplins du Crédit agricole. Cette association créée en 2009 est animée par sa présidente Silvana Desborough et sa fondatrice Colette Shulver.

Tout est parti de la constatation que l’art a été utilisé comme moyen d’expression, de communication et de guérison depuis l’antiquité. L’art-thérapie est une forme de psychothérapie qui utilise l’art comme mode de communication principal. Colette Shulver est compétente dans l’enseignement pour des élèves ayant des difficultés d’apprentissage et de comportement. Elle utilise le dessin, la peinture, le modelage pour aider jeunes et moins jeunes qui ont besoin de confiance en eux, d’assurance, d’équilibre, pour se sentir bien parmi les autres. Cette distinction aux Tremplins a attribué à l’association une aide financière pour son développement et la réalisation d’un film qui explique son activité, montre comment elle travaille et apporte des références sur les résultats obtenus.

La dyspraxie

La mise en forme comme dépassement

La mise en forme comme dépassement:

En art thérapie, on est dans un décalage, un déplacement par rapport à soi, à l’expression comme prolongement du vécu;  il y a la recherche d’une ouverture  où peut  se déployer  ses qualités sensibles et imaginaires au service de la « forme » et non au service de soi dans un auto-engendrement souvent stérile ; Souvent, il n’y a même  pas la nécessité que la souffrance soit reconnue ou dévoilée. Klein dit dans « de l’inconnu à l’inconnu » que l’art thérapie est une symbolisation énigmatique accompagnée.

Ce qui compte, plus que l’expression de la souffrance, c’est l’action de transformation même, le renversement de la matière éthérée de notre vie psychique à la matière concrète (ici terre ou peinture) qui se met en forme à travers ses lois et ses limites. On propose  une expérience qui est à vivre dans le registre d’une matière qui nous impose ses lois propres; tel un rayon lumineux qui se diffracte en passant du milieu aérien au milieu aquatique, on se soumet à des lois d’un autre milieu que le mental, les lois du tangible.
On se tourne vers ce qui se manifeste de vital et de naturel d’emblée mais qui n’a pas  trouvé jusque là, l’opportunité de se manifester ou d’être reconnu par la personne elle-même. Au lieu de s’occuper de ce qui entrave, de ce qui est difficile ou dépressif, on va naturellement du côté où se joue facilement le vital; on est appelé à vivre l’émergence d’une force jusque là inconnue et qui s’impose avec naturel.
L’énergie créatrice est  révélateur d’ émergences authentiques et profondes qui viennent perturber par contraste le scénario dépressif. Sinon, emprisonnée dans le récit de son angoisse, c’est comme si son angoisse naissait continuellement de sa propre asphyxie (Antonin Artaud – L’ombilic des Limbes).

Les taoïstes parlent de nourrissement énergétique : rejoindre un processus naturel comme la plante croît. En déployant le potentiel vital entravé, on désenlise la vitalité , l’ être est décapé de toutes les obstructions et  rendu à son intensité primitive.
On accède à sa vie ouverte au renouvellement au lieu de stagner et de s’enliser. (F. Jullien Nourrir sa vie).

La rencontre avec la matière est l’évènement à laisser venir qui, fondamentalement, apaise. L’art thérapeute  crée des conditions pour que la personne puisse s’alléger, sans peur, de toute intention : rencontrer la matière sans « savoir » pour, ensuite, pouvoir se reconnaître ou se surprendre sujet de ce qui est arrivé sans l’avoir voulu ou cherché.

On pose les bases d’un défi poétique : un dialogue à ouvrir avec la matière qui aura le pouvoir de nous guider tout en ayant les yeux bandés.
Ce défi est comme le fétiche; il perdrait sa fonction magique si on en défaisait ses liens et ses tissus. C’est la préservation de son invisibilité qui le rend opérant.

La forme est alors gardienne du mystère qu’elle exprime.

Ce n’est que cet espace d’utopie libéré par l’énergie créatrice qui peut nous aider à percevoir une mise en mouvement alors qu’on la considérait impossible. L’utopie étant une chose non encore réalisé dit Mouchkine !
Bachelard  » L’homme ne se trompe pas en s’exaltant, la poésie est un des destins de la parole ; nous touchons à une parole qui ne se borne pas à exprimer des idées ou des sensations mais qui tente d’avoir un avenir. »
La voie de l’énergie créatrice est cette force de connaissance émergeant des mouvements d’ignorance auxquelles on décide de se soumettre et qui nous échappe.

Ensuite, il faut pouvoir s’en reconnaître l’auteur…

De l’inconnu à soi que l’on est, vers l’inconnu de soi que l’on crée

L’art-thérapie : de l’inconnu à soi que l’on est vers l’inconnu de soi que l’on crée

AuteurJean-Pierre Klein

 

L’accompagnement en art-thérapie opère une tension en avant de soi vers l’imprévisible. Cette thérapie ne va pas de l’inconnu vers le connu comme dans le projet des psychothérapies classiques. Son itinéraire aventureux va de l’inconnu à soi que l’on est vers l’inconnu de soi que l’on crée. Les psychothérapies sur le modèle classique de la conscientisation de « vérités » à découvrir butent sur l’irréductibilité de l’indicible, de l’inanalysable, du « refoulé primitif » qu’elles cherchent traditionnellement à éclairer. L’art-thérapie consiste en l’accompagnement d’une symbolisation énigmatique qui figure allusivement et fait évoluer cette représentation métaphorique qui en soi est thérapeutique. « La métaphore n’est pas l’énigme mais la solution de l’énigme » (Paul Ricoeur). On peut imaginer que la figuration de cet irréductible va fournir des informations codées à des instances non conscientes de la personne. Le langage verbal ne résume pas la symbolisation et celle-ci peut s’effectuer de façon oblique. L’art-thérapie et la médiation artistique proposent un jeu avec le non-dicible. La personne vient avec ses productions complexes syncrétiques spontanées, de ses symptômes à ses rêves, mais il ne lui est pas demandé de les examiner en direct. Au contraire, il lui est proposé de produire en séance d’autres réalisations complexes : tableau, modelage, collage, installation, invention d’histoires ou de contes, expressions vocales, musicales, théâtrales ou corporelles que le médiateur artistique ou l’art-thérapeute accompagnera jusqu’à création. La prise de conscience est possible mais elle n’est pas systématique. L’essentiel est à la symbolisation accompagnée de création en création sans qu’il soit nécessaire que la personne sache les significations sous-jacentes de ses productions. On est dans la création comme processus de transformation. 

La médiation artistique sauvera t- elle le monde?

La médiation artistique sauvera le monde !

IV Redevenir artiste de sa vie

Je pars du constat suivant : On peut toujours essayer de se changer radicalement ou même le monde, mais c’est sans compter sur les résistances au changement de part et d’autre : on ne touche qu’avec prudence à ce qui s’est installé depuis si longtemps, dans le consensus du système.
Il faut donc pour s’y attaquer emprunter des chemins de traverse, user de ce que j’appelle dans mes livres une stratégie du détour qui propose des champs apparemment anodins qui permettent de modifier sa façon d’être au monde. Cette stratégie (dite ailleurs stratégie de l’ellipse) est une voie royale car elle n’a pas l’air de remettre en cause notre aliénation coutumière qui bien que douloureuse évite par sa conformité et son abrutissement les angoisses qu’elle colmate quelque peu. Je fais l’hypothèse que découvrir et faire découvrir que l’on est capable d’œuvrer dans le champ symbolique est une façon détournée de recommencer à avoir une autre attitude plus active dans son existence. Alors j’agis petitement, en fourmi laborieuse, impuissant devant les enjeux sociétaux qui me semblent inaccessibles (mais mon découragement rentre-t-il dans les programmes qui me désapproprient de moi ?)
Mon expérience de thérapeute et mes compétences s’adressent à la personne et méconnaissent les remèdes plus globaux. Agir sur le macrocosme dans l’espoir du lendemain du grand soir a trop montré que ce lendemain tendait à reproduire du même. Contentons-nous pour l’instant de petites révolutions individuelles ou à l’échelle de petits groupes, en attendant des bouleversements plus généraux que certains prédisent.
Comment réintroduire du dynamisme et retrouver l’accès au symbolique ? La réponse est dans l’acte de symbolisation plus que dans la volonté de symboliser –qui reproduit les messages de distraction en croyant les inventer- Plutôt qu’une subordination à des messages de séduction qui influencent pensées et comportements, et jouent le rôle de destinateurs négatifs externes (tiers actants transcendants négatifs), la stratégie des chemins de traverse accompagne la performance des personnes devenant sujets de leur symbolisation singulière. Cela est d’ailleurs plus important que de s’en rendre compte car s’apercevoir qu’on devient sujet peut être terrifiant pour certains accoutumés à ne pas être créateurs, et le risque encouru pour qui commence à créer et non à recopier est considérable.
Il urge pour l’instant non pas de changer le monde qui n’attend que nos petites tentatives pour ressortir renforcé de notre prévisible échec. Non, il s’agit de modifier nos postures, en particulier dans cette fonction vitale du rapport à la création qui permet en outre de se confronter sans risque avec les multiples de nous-mêmes. Relativisation de soi-même comme une entité unique et définitive.

Ainsi, être sujet de sa propre symbolisation, ce peut être le goût pour la philo qui revient fortement à l’ordre du jour. J’ai l’expérience de plusieurs années d’animateur de cafés de philo : j’essayais à partir de la question posée d’aider à sa problématisation en reformulant du mieux que je pouvais chaque intervention avant de passer la parole à la suivante. Hélas ! Beaucoup ne posaient de « ? » que pour y injecter leurs « ! » Les questions posées se révélaient pleines d’affirmations implicites. Comment rétablir l’espace des points de suspension ?
Mais ce que je vais évidemment développer maintenant est la symbolisation artistique. Je peux témoigner que les interventions d’artistes en milieu problématique se multiplient. C’est ce que je connais le mieux bien sûr soit en direct : j’ai par exemple travaillé récemment avec des adolescents sélectionnés pour leur violence dans une banlieue du Nord de Paris, soit de façon médiatisée  : puisque j’assure la formation d’artistes pour qu’ils accompagnent les gens dans un voyage en symbolique dont ils soient les acteurs. Et j’ai toute ma vie œuvré dans cet accompagnement.
C’est parce qu’on s’adresse à ceux qu’ont quitté tout désir que ce projet d’individuation par subjectivation prend tout son sens.
L’accompagnement d’autrui mis en situation de créateur restaure cette possibilité de rétablir l’ordre de nos désirs.
Il s’agit donc du vivant. Beaucoup de soi-disant vivants ne sont pas vivants. Les crises de la vie, qui sont des motivations à thérapie, comme les crises de civilisation, qui sont des motivations à des redéfinitions vives, permettent parfois, au-delà de l’annihilation, la destruction ou la paralysie qu’elles font courir comme risques, de créer du vivant, ce participe présent qui participe d’une présence recouvrée.

Ce mouvement de réappropriation que les artistes suscitent chez les personnes en difficulté auprès de qui ils interviennent est un acte politique. L’accès à la symbolisation artistique est créateur de sens dans un monde insensé.
Il s’agit de faire œuvre dans le “mine de rien”, ce qui n’effraie pas les résistances au changement. Le tout aboutit à une construction créative inédite qui va habiter la personne et dans laquelle elle va habiter avec une plus grande liberté. J’ai défini ce projet comme une symbolisation accompagnée, création imaginaire d’une production renvoyant implicitement ou explicitement à la personne sous forme d’une construction discursive créatrice de sens.

Symboliser, c’est d’abord jouer avec ses multiples

Je est un autre, disait l’adolescent génial et chacun d’entre nous nuit après nuit nous recevons l’enseignement de nos rêves que nous ne prenons souvent en compte que pour mieux les désosser, les dépiauter, les conscientiser, les rationaliser selon ce qu’on a appelé significativement la “science” des rêves. Or, les rêves me disent, me font expérimenter ma multiplicité. Ce que je prends le jour pour mon identité comme si elle était unique n’est qu’une unicité à travers tous mes doubles. Je suis aussi la différence de moi, je suis mon propre semblable, la déclinaison de mes fluidités changeantes, tous les personnages de mes scènes intérieures, la co-présence de mes instances contradictoires, un rééquilibrage précaire que je dois inventer sans cesse. Ce “je” que j’énonce est un “je” dans sa singularité et dans cette perception de ma continuité qu’on appelle “ipséité”. Mon tout est unique mais non définitif.
Le premier effet de cette approche est de se rencontrer soi-même multiple, de se révéler à soi-même multiple, de s’expérimenter multiple et différent, ce qui peut-être tempèrera nos rejets violents du différent de l’autre réduit à n’être que cette différence, jusqu’au crime dont l’expulsion hors frontière, les exclusions ou les discriminations (fussent-elles positives) et les revendications communautaristes sont les euphémismes. Prendre contact, y compris sans s’en rendre trop compte, avec les autres de soi est un traitement de la dictature du tout illusoire dans la quête frelatée de réassurance à tout prix devant des peurs suscitées artificiellement qui finissent par se justifier à force de les invoquer.
La confrontation y compris ludique à ses divers possibles est facteur de constitution d’un holisme qui s’était noyé dans l’unidimensionnalité. Cela ne forme pas un tout mais un ensemble constitué d’éléments eux-mêmes en évolution.
L’art, activité apparemment gratuite, permet de vivre ce qui d’abord ne semble qu’un jeu, mais le jeu au sens physique est ce qui conditionne le mouvement. Mieux : On peut même se permettre -puisque ce n’est qu’un jeu- des audaces, des envers de soi dans des personnages monstrueux dont il n’est pas question de dire qu’ils sont nous, sinon qu’ils sont de nous et qu’il ne prouvent que nos capacités inventives !
Baudelaire dit du poète : Le poète jouit de cet incomparable privilège qu’il peut à sa guise être lui-même et autrui. Je me reconstruis ainsi cahin-caha dans ma multiplicité singulière, dans un ensemble mouvant qui est moi-même dans la tentative toujours renouvelée d’atteindre par moments la cohésion de ma diversité. Admettre qu’il y a des “autres de moi”, rencontrer ses propres altérités intimes est la condition même de mes capacités d’ouverture aux “autres que moi”, ce qui constitue une prévention aux agressions qui tentent d’abraser toute différence interhumaine en supprimant qui ne nous ressemble pas par le faciès ou la religion. Le rejet de la différence de l’autre est un refus des différences en soi.
La symbolisation accompagnée n’est pas que multiplicité des énoncés ; elle est autogenèse en marche de la personne grâce à une multiplication mouvante des énonciateurs en elle, mouvement dont il est souhaité qu’une fois (re)déclenché il n’ait pas de fin. Il y a celui qui souffre, celui qui crée et se recrée, celui qui regarde les deux autres faire, celui que la production figure, etc.
L’ipséité, cette continuité identitaire de l’existant humain en tant qu’existence concrète n’est qu’interaction d’altérités, il s’agit moins de la savoir que de l’expérimenter et d’accéder à l’ipséité qui - je paraphrase ici Ricoeur - contient l’altérité (les altérités de soi). Le vécu qu’elle permet peut parfois mener à la perception puis éventuellement à la conscience dont je prétend qu’elle n’est pas indispensable.

La symbolisation accompagnée, peut nous faire réadvenir comme Sujet d’abord d’une production symbolique pour mieux l’être de notre propre vie, elle nous fait rencontrer dans un cadre protégé les autres de nous-mêmes et le jeu avec eux est conjuration de leur irruption trop brutale dans le réel, elle nous permet d’explorer sans peur nos mondes imaginaires, nous pouvons expérimenter sans risque l’étendue de nos multiples, redoutés, horrifiques ou rêvés. Nous sommes à nous-mêmes nos propres thérapeutes, ni dépendant des manipulations des marchands ni tentés de compenser les interdits d’être Sujets de nos actes par des passages à l’acte, petites décharges éphémères elles-mêmes prévues par un système qui programme ses propres bavures.
Symboliser est se révéler unique dans la combinatoire de ses multiples singuliers, c’est aussi reconnaître l’autre dans son altérité, ni totalement différent ni identique dans une fonction commune qui nous abrase, mais notre semblable. Le semblable et l’autre entrent enfin en dialectique sans confusion ni rejet : “Il faut que l’autre soit mon semblable pour que je reconnaisse en lui l’autre” comme l’écrit Bernard Noël.
C’est ainsi que peut-être le siècle commençant arrivera à concilier les unicités de nos hybridations diverses.

Bref jouer ses projections dans la joie de l’explorateur/auteur du récit de voyage dans le même mouvement car il s’agit après s’y être confronté de se les réincorporer à travers l’impression qu’on en tire, dans un aller retour (ou une coexistence) entre expression et impression, toutes deux tendant vers la création. On peut ici faire l’hypothèse que cette réincorporation centripète après ce voyage centrifuge ne réintègre pas du même. Je n’oserai faire la comparaison avec la dialyse du sang qui revient purifié après le passage dans la machine, encore que parfois la figuration de soi en thérapie (quels qu’en soient ses supports) tourne à l’épure de soi-même.

Le voyage en symbolique est un immanentisme.

Ma présence à l’autre permet sa présence à moi et à lui-même afin de créer de l’être en train d’être. Ma rencontre vive avec autrui le révèle à la fois comme alter et comme ego.
L’autre n’est pas Objet de ma connaissance, il est Sujet de notre co-naissance
Le XX° siècle occidental a cru découvrir “scientifiquement” les faces obscures de l’être humain, mais c’était pour mieux croire qu’on peut les analyser en pleine lumière et les manipuler dans l’ombre, il a rejeté les dogmes religieux pour mieux les remplacer par la tyrannie du profit tout aussi ethnocide bien que généralement plus insidieux, il a exploré la complexité des désirs pour mieux les asservir en besoins fallacieux.

Jean-Pierre Klein président de la FITRAM (Fédération Internationale de Thérapie et Relation d’Aide par la Médiation)

Processus créatif: Témoignage de Hyacinthe O U A T T A R A


Oeuvre de  Hyacinthe Ouattara     Oeuvre de Hyacinthe Ouattara    Oeuvre de Hyacinthe Ouattara


Témoignage de Hyacinthe  O U A T T A R A

........à propos de ma peinture :  

"Je suis arrivé à la peinture après avoir suivi des ateliers « dessin modèle vivant »...

Dans le fait de peindre, il y a pour moi un aspect libérateur et « thérapeutique ».

Peindre afin d'échapper à l'angoisse, l'anxiété, bref ! Aux tourments de la vie.

Du coup, je crée des personnages qui portent mes états d'âmes, développant un expressionnisme ancré sur des formes primitivistes, humaines, souvent fantomatiques.

Cette honnêteté qui me lie avec la toile m'amène à extérioriser mes sentiments les plus profonds.

Peindre avec toute cette pulsion qui vient de mon intérieur, peindre avec le cœur, pas forcément avec la technique.

Quand je la travaille, je ne sais jamais à quoi va ressembler une toile à la fin.

Ce qui m'intéresse, c'est ce côté inattendu, magique et universel d'une œuvre d'art que chacun ressent, vit et s'approprie comme il l'entend.

Mes toiles ont plusieurs dimensions, à chacun, avec son regard attentif, d'y puiser ce qu'il veut.

C'est pour ça qu'il est difficile pour moi d'expliquer une toile, parce que je trouve qu'il n'y a pas d'explications à donner, il faut juste s'approprier le résultat.

J'aimerais qu'on voit une œuvre comme étant le résultat de tout un processus, ou tout simplement comme un accouchement...

Cela pourrait se comparer aux neuf mois pendant lesquels une femme porte une grossesse et après vient un enfant. Pour moi c'est exactement la même chose que la création d'une œuvre. A travers les personnages narquois qui sortent souvent de mes toiles, je me vois comme un grand enfant qui s'amuse quand je peins. Mes toiles sont le reflet de moi-même, de mon passé, de mon enfance très difficile et de mon vécu actuel."

Hyacinthe  O U A T T A R A


Contact:

hyacintheouattara@yahoo.fr

tel. 00(226) 78 81 07 08

http://www.hangaronze.com/Hyacinthe.htm

site de Hyacinthe Ouattara:

http://www.hangaronze.com/hyacintheouattara.htm



 

L'expérience art thérapeutique de Silvia Ferraris

L' expérience art thérapeutique de Silvia

http://arttherapyburkina.wordpress.com/les-ateliers-2/

A son Sujet

Mon intérêt pour les différences sociales et culturelles dans le monde, a d’abord été traité dans le domaine de la communication à travers l’un des plus puissants médias: Internet.

Après 5 ans de formation universitaire en Sciences de la communication, j’ai obtenu un master en sociologie du devéloppement en 2003 dans cette thématique: Internet et le développement. Une analyse technologique et sociale.

Ensuite, j’ai travaillé 4 ans dans le cadre de la traite des enfants mineurs venant d’Afrique de l’Ouest et d’Europe de l’Est dans ma ville italienne de Turin, carrefour migratoire de ces populations. Dans ce travail je me suis appuyée sur la peinture, le dessin, le modelage et l’art m’est apparue comme un mediateur privilegié dans la relation éducative.

Passionnée par cette expérience j’ai poursuivi par une maitrise en Sciences de l’Education, obtenue en 2008. Ma recherche a porté sur les besoins éducatifs de ces enfants non accompagnés par leurs parents dans le contexte problèmatique de l’interculturalité (cross cultural focus).

J’ai souhaité renforcer mes competences dans ces deux domaines specifiques: celui de l’art-thérapie par une formation à l’école Artea de Milan (www.arteterapia.it) de 2009 à 2011 et celui de la gestion de projet de développement avec un Master en Project Manager Coopération organisé par Asvi (www.asvi.it) de 2010 à 2011.

Forte de ces formations et expériences acquises en Italie j ai decidé de partir au Burkina Faso, un des pays d’origine des personnes avec lesquelles j’avais beaucoup travaillé en Italie.

Me plonger dans un monde culturel très différent du mien, aller à la rencontre des hommes, des femmes et de leurs coutumes, initier des projets de devéloppement solidaire tout en utilisant l’art-thérapie, et surtout l’expérimenter dans un pays ou il est totalement inconnu, voilà mes défi.

Depuis, ma recherche continue sur le terrain…..voire «les ateliers».


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