Nathalie Fanja Haaby art thérapeute

Nathalie Fanja Haaby


 
 
L’art thérapie : « Exploitation du potentiel artistique, dans une visé humanitaire et thérapeutique. » 

J’ai rencontré Nathalie au Just 4 You, lors  d’un vernissage que nous organisions... Wakh Art  exposait alors une série de portraits de différents photographes, de la place, autour de la thématique : « Les femmes dans le milieu de la culture ». Nathalie faisait partie des visiteurs... Nous avions échangé quelques instants ce jour-là. Elle m’avait alors révélé être danseuse. Aujourd’hui, c’est au bureau, l’espace Yak ’Art, que nous, nous retrouvons.  Je la reçois pour une interview, En Effet, Nathalie est artiste, mais je la découvre sous un nouveau visage celui de l’Art-Thérapeute. Nathalie est psychologue de formation.

Nathalie se définit comme  une psychologue, art-thérapeute et artiste.   « Je fais de la danse, depuis peu du slam, mais aussi beaucoup de dessin, collage, de peinture. Je touche un peu à tous ce qui entoure vraiment l’art plastique. »  
Nathalie a étudié à Strasbourg, où elle a obtenu un Master de Psychologie et Psychopathologie cliniques.  Parallèlement à ça, Nathalie dessinait beaucoup. Elle faisait également de la danse. Mais dans sa famille c’était sa sœur l’artiste. «  Moi, j’étais considérée comme très carrée, avec peu d’imagination… Et puis un jour, j’ai eu envie de sortir plein de choses. Je pense que je n’étais pas bien, voilà, et j’ai eu besoin par une feuille de sortir…»  Nathalie commence à travers le pastel, à exprimer son mal être. 
 
En France, durant ces années de stages en psycho, elle croise l’art-thérapie. La jeune psychologue, commence par des ateliers pour les patients. Accompagnée d’infirmières et d’autres thérapeutes, Nathalie utilisait différents  médiums artistiques.  On pouvait constater des réelles améliorations principalement  sur le plan de la confiance en soi ou de la relation aux autres.  Au Sénégal, dans le cadre d’un stage à l’hôpital Fann, Nathalie retrouve l’art-thérapie, à travers, les ateliers d’un artiste. Elle décide alors de faire une formation en complément.  « Je voulais avoir ce complément. J’avais envie d’essayer l’art thérapie. »Nathalie étudie dans une école spécialisée dans le domaine. Malheureusement, la profession n’est pas reconnue par l’ensemble du corps médical. Domaine du médical ? du paramédical ? de l’artistique ? en tout cas du « soin ». Finalement, il n’existe pas de réel statut pour la profession.  En ce qui la concerne, pas d’inquiétude, Nathalie a avant tout le titre de psychologue. « Je voulais avant tout que ça soit reconnue,  et avoir une garantie pour mes patients. L’art thérapie c’est un complément.»  Selon elle, pour être un bon art-thérapeute, il faut avant tout être artiste et nécessairement avoir expérimenté la thérapie. Ainsi qu’en avoir constaté les effets bénéfiques.  La jeune psychologue en a fait l’expérience et a développé une certaine méthodologie : « Connaitre les techniques d’évaluations, apprendre à clarifier le travail, avoir une démarche claire, poser des objectifs avec les patients, savoir les  évaluer, quels types d’exercices proposer. Etc… »

Pendant deux ans, Nathalie travaillait avec des adolescents français, en difficultés,  âgés de 14 à 17 ans. Ces jeunes avaient des problèmes scolaires, des soucis avec leurs familles, ou la justice. « L’idée c’était de les aider à sortir de là. Ils venaient au Sénégal  pour changer d’air, découvrir autre chose. Et ça, ça me correspondait à 100%, et puis j’étais  heureuse d’être le lien entre la France et le Sénégal. »Nathalie est métisse. Née à Dakar, d’un père français et d’une mère malgache, la petite Nathalie grandit à Dakar. Son père travaillait alors à Sotiba Simpafric. Sa mère, quant à elle, était médecin dans un hôpital de la capitale. Basée Dakar, jusqu’à ses 13 ans, Nathalie quitte brusquement le Sénégal pour la France. Sotiba ferme ses bureaux.
 
Grace au programme d’encadrement, Nathalie a pu revenir au Sénégal. Face à ces adolescents, la psychologue, art-thérapeute, a usé de différentes approches, notamment le Slam. « C’est là que j’ai fait du slam. » Nathalie était heureuse, elle pratiquait sa passion et elle aidait ces jeunes. Son contrat a pris fin. Les élections présidentielles en France, et au Sénégal approchaient. C’était terminé !... Les jeunes sont allés au Maroc en fin de compte.
 
Par la suite, Nathalie a cherché du travail en France, mais ce qui l’obsédait, c’était le Sénégal. A Dakar depuis quelques mois maintenant, Nathalie travaillera en tant que vacataire dans une clinique et un plateau médical de Dakar, à partir de Septembre. Apparemment la demande est forte.  « Je vais trouver ma place. » Nathalie aura aimé ouvrir son espace.  Pour différentes raisons, c’est impossible pour le moment. Mais ça viendra, c’est tous ce que je peux lui souhaiter.  Sinon, de temps en temps vous pouvez croiser Nathalie à l’hôpital Fann, elle y  travaille bénévolement. Avec Alassane Seck,  ils animent des ateliers d’art-thérapie.  Elle m’apprend qu’Alassane présente régulièrement à la biennale de Dakar, des œuvres de patients.
 
 
 
 
 
Le Sénégal est une société, ou, l’on parle beaucoup, ou l’on se raconte. On partage avec l’autre. Mais Nathalie précise les choses. « Les sénégalais ont besoins des psychologues. Surtout en ville, il y a une vraie perte de valeurs. D’autant qu’autour de moi, on m’interpelle tout le temps. » Mais, la demande reste très élitiste. Il faut connaitre le rôle d’un psychologue, pour faire appel à lui. « J’espère travailler aussi pour une clientèle expatriée. En particulier, les adolescents. »  Le travail s’effectue sur le long terme. Selon les patients et le type de problème, ça peut prendre des années m’explique Nathalie. Pour certains adolescents, qui n’ont jamais étés valorisés, qui sont dans l’échec depuis des années. Le slam, le rap, font sortir énormément de choses. « Souvent j’ai été étonné de ça. Certains au quotidien, étaient très difficiles. Au moment d’exprimer leurs sentiments, leurs émotions, ils étaient dans le silence absolu. Mais dans l’écriture, ça passait très bien. Ça devenait tout à fait possible.» Pour certains cas, notamment les abus sexuels ; par la parole, ils ne l’auraient jamais dit, continue la psychologue.
 
Dans l’art, il y’a d’autres perspectives. Le patient, devient le créateur ; il prend une place active.  L’expression et la créativité, permettent finalement de dédramatiser et de regarder les choses sous un nouveau jour.  On transforme la souffrance en quelque chose de beau, d’esthétique.
Nathalie a monté et formé une troupe de danse. A Mbour, ils font des spectacles et ateliers pour les jeunes... L’artiste espère rencontrer d’autres artistes, d’autres psychologues et mettre en place des programmes qui aideront les populations.  
 
« Il y’a des choses à faire ici. »

Si elle était une couleur : orange
« Parce que c’est la vie,  parce que c’est la couleur la plus proche du jaune du soleil ; du rouge passionné. Entre Soleil et terre. »  C’est la couleur de sa carte de visite.
 
A la rentrée : elle travaillera  dans une clinique et un plateau médical de Dakar et avec les lycées...
 
Ou la contacter : nathfanja@hotmail.com  et profil sur Viadeo
 
Son message de fin : Nathalie cite  "Notre plus grande victoire n'est pas de ne jamais tomber, mais de nous relever chaque fois que nous tombons" Confucius
«  Pour moi chacun doit s’engager en premier lieu à son niveau… »

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