PROJET DE RÉHABILITATION SOCIALE ET PROFESSIONNELLE DES FEMMES SORTANT DE L’UNIVERS CARCÉRAL.

PROJET DE RÉHABILITATION SOCIALE ET PROFESSIONNELLE DES FEMMES SORTANT DE L’UNIVERS CARCÉRAL. Initié et mise en œuvre par GAIA FASO Groupement Alternatif d'Initiatives Artistiques

L’association GAIA FASO (Groupement Alternatif d’Initiatives Artistiques), a pour vocation de fédérer des artistes et artisans de disciplines différentes autour de projets divers, et de Promouvoir et développer l'art thérapie au travers de différentes actions dans les domaines artistique, culturel, éducatif, thérapeutique et social au Burkina Faso.

Nous sommes artistes, professionnels de la santé et du soin. Nos qualités relationnelles et humaines, notre rigueur, notre esprit créatif, sont autant d’atouts qui nous confortent dans notre volonté de mettre en place notre projet.

 

Nom de l’association: G.A.I.A FASO (Groupement Alternatif d’Initiatives Artistiques    

Récépissé n° 2015/1041 /MATD/SG/DGLPAP/DOASOC      Date : 13 Novembre 2015

Emplacement du projet proposé : Ouagadougou

Personne-ressource : Bulczynski Isabelle

Titre : Présidente de l’Association

Adresse : Porte 1281 Boulevard Naba Zombré BP 5681 Ouagadougou 01 Burkina Faso

Téléphone: +226 74 50 32 39

Courriel : ateliergaiafaso@gmail.com

 

 

DESCRIPTION du projet

 

Réhabilitation sociale et professionnelle

des femmes sortant de l’univers carcéral

 

Le projet que nous vous présentons concerne les jeunes femmes sortant de l’univers carcéral au Burkina-Faso. Après les avoir rencontré au centre pénitencier, nous avons appris qu’à l’heure actuelle, 35 femmes sont emprisonnées à la MACO (Maison arrêt et de correction de Ouagadougou).

A la MACO, on y chante, on y plante, on y peint, on y élève même des poules. Il ne s’agit pas d’un camp de vacances mais de la prison centrale de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, l’un des pays les plus pauvres du monde, théâtre récemment d’une révolution propre et exemplaire. Et pourtant, lorsqu’on franchit ses portes on n’y trouve pas seulement ce à quoi on s’attendait. La prison ouagalaise est le reflet de la société burkinabé: peu de moyens mais pleine de ressources.

Ils pourraient se cacher derrière le manque d’argent pour ne rien faire, mais les gardes de sécurité pénitentiaire (GSP) ont préféré faire avec les moyens du bord et mettre sur pied plus d’une dizaine d’activités pour former et préparer les détenus à la sortie.  « La prison ne peut servir que si elle apporte quelque chose de positif aux détenus. Le temps de privation de liberté doit leur permettre d’apprendre quelque chose d’utile à eux-mêmes et à la société. » Les gardes raisonnent de façon humaine en argumentant, humblement que n' importe qui peut un jour se retrouver en prison.

Les détenus qui choisissent de prendre part aux ateliers dirigés par les GSP apprennent à faire du pain, du savon, à coudre, peindre, fabriquer des meubles ou à faire pousser des légumes. Des activités dont on ne soupçonne pas l’existence quand on passe devant le grand mur ocre qui ceinture le pénitencier. Imaginez que le poulailler de la MACO abrite quelque 700 poules qui pondent plus de 400 œufs par jour, que le jardin potager de la prison s’étend sur 4,5 hectares, qu’on y trouve des bananes, des tomates, des aubergines sauvages et du riz. Songez que le savon produit par la savonnerie a remporté un prix pour sa qualité en 2011 et qu’il se vend dans tout le pays par cartons entiers, de Ouagadougou à Bobo, en passant par Ouahigouya et Tenkodogo.

Pour en revenir aux femmes de la MACO, elles nous ont fait part de leurs besoins. L’alphabétisation est un point qui ressort en premier, vient ensuite l’inquiétude qu’elles ont quant à leur sortie. Que vont-elles faire où vont-elles aller ? A l’extérieur, les détenues sont vouées à elles-mêmes et doivent trouver des fonds pour initier une activité. Parfois les parents ou l’entourage aide, mais c’est rare. La faiblesse financière des structures publiques ne permet que peu d'appui lors de l'incarcération et il n'y a pas d'organisations de la société civile pour les accompagner à la sortie. Dans ces conditions, le risque de récidive est grand, une moyenne de 60% sur la population carcérale. Alors qu’il serait parfaitement envisageable d’établir des partenariats avec des organismes au dehors afin de permettre aux détenus de poursuivre leur formation ou bien pour les aider à rebondir et entrer en contact avec des entreprises.  

Nous avons pu aussi prendre contact avec  le chef culturel, Salifou Kaboré que nous devons  revoir pour en savoir plus sur les précédents en matière de réinsertion sociale et  savoir quels moyens ont été mis en œuvre et pourquoi le suivi n’a pas  été mis en place. Nous avons aussi appris qu’aucune  prise en charge psychologique rien n’est mis en place concrètement. La détresse de ces femmes n’est pas écoutée alors que c’est un point essentiel pour aborder leur capacité à se reconstruire.

Notre intention de les aider à préparer leur sortie de prison en mettant nos compétences à leurs profits et en leurs proposant un projet de réinsertion sociale et professionnelle trouve entièrement sa place.

Le projet rentre dans le cadre de l’éducation non formelle. C’est un processus organisé qui permettra aux femmes de développer leurs valeurs, des aptitudes et compétences autres que celles acquises dans le cadre de l’éducation formelle.

Ces aptitudes, appelées aptitudes personnelles comprennent une vaste série de compétences – interpersonnelles, d’équipe, organisationnelles, gestion des conflits, conscience interculturelle, direction, planification, organisation, coordination et résolution pratique de problèmes, confiance en soi, discipline, et responsabilité.

 

 

Pour y parvenir trois modules seront mis en œuvre :

 

1) Module Art thérapie

2) Accompagnement du projet professionnel et alphabétisation sous forme d’Initiation au langage du travail

3) Module Développement personnel

 

Notre proposition de planning d’intervention et projection financière reposait sur une mise en œuvre de chaque module à raison de 1 ou 2 séances par semaine en fonction du module pour 2 groupes de 10 femmes.

Or, Il s’avère que pour des contraintes de déplacement et de temps d’organisation des activités propres à la MACO nous devons revoir notre planning d’intervention en prenant un groupe de 20 personnes une seule fois par semaine et par module ce qui  implique quelques aménagements de séances.

 

 

A- MODULE 1 : ART THERAPIE

 

Pourquoi le module Art thérapie : L'art pour rétablir l'amour de soi

 

L’incarcération produit chez les jeunes des effets pathogènes : dépossession spatio-temporelle, confrontation à l’autre et vécu d’intrusion engendrent souvent des remaniements psychoaffectifs particuliers et une modification du rapport au corps. Moment clef, le séjour carcéral peut aussi être occasion d’une rencontre art thérapeutique, à condition qu’un cadre propice puisse être proposé au jeune détenu.

L’atelier d'art thérapie peut offrir ce cadre en visant l'amélioration de la qualité de vie et le bien-être de chacun qui s'appuient sur les bienfaits de l'Art.

Les jeunes femmes qui bénéficient des ateliers se découvrent des potentiels personnels et créatifs inattendus. Une forme d'expression autre que verbale favorise la connaissance de soi. Retrouver « l'envie de » demande du temps et nécessite un protocole de soins spécifique, élaboré par l'art-thérapeute lors des premières séances.

L'accompagnement entre dans un processus global, un cheminement progressif.

La priorité, c'est d'établir une relation de confiance, de poser clairement les règles du suivi, afin que chacun sache ce qu'il peut attendre et espérer de l'autre.

 

En Stimulant les différents sens, en réactivant l'élan corporel et en retrouvant du plaisir par l'activité artistique, l’atelier va :

 

-Encourager et Valoriser l'affirmation de soi, (je veux)

-Améliorer la confiance en soi (je peux)

-Renforcer l'estime de soi (je fais) nécessaires au bien-être et utiles à l'investissement du lien social.

 

Les principaux buts thérapeutiques fixés pendant les suivis présentés sont les suivants :

 

(1) Offrir une structure pour l’expression de la colère,

(2) Diminuer l’isolement,

(3) Explorer les sources de l’anxiété,

(4) Offrir une assistance dans la gestion de la détresse psychologique.

 

L’atelier permet de pallier momentanément à un sentiment d’impuissance, afin d’en arriver à :

(1) Contacter certaines émotions difficiles et se risquer à les exprimer,

(2) Prendre du recul et faire le point sur sa situation,

(3) Se recentrer sur ses besoins et objectifs.

 

L’atelier d’art thérapie se résume à :

 

Offrir un espace privilégié d’expression et de créativité.

Aider les participantes à trouver du plaisir à l’expression personnelle.

Permettre une remobilisation des ressources.

Favoriser la confiance en soi et revaloriser l’estime de soi.

Initier une relation de confiance à l’autre.

Aider les participantes à trouver des repères identitaires.

Réactiver la capacité des participantes à prendre des décisions, en un mot son plaisir existentiel.

 

Ces aspects semblent essentiels, particulièrement lors d’une éventuelle remise en liberté. Il va sans dire qu’une approche utilisant l’art, de par ce qu’elle suscite directement et indirectement, s’intègre bien à un processus de réhabilitation sociale et professionnel.

 

Principales activités du projet :

 

Les participants ont l’occasion de découvrir et de se familiariser avec une multitude de techniques et matériaux : peinture à l’aquarelle et acrylique, modelage d’argile, dessin, collage, confections à partir de morceaux de tissus, assemblages divers, techniques d’artisanat, etc. Des temps de paroles, entretiens individuels et collectifs sont aussi prévus.

 

Durée et déroulement :

 

Le projet nous permettra, dans un premier temps, d’encadrer 20 femmes et s’échelonnera sur 2,5 mois soit 8 séances au total au rythme de 2 heures/semaine durant 2 semaines (entretien et atelier)

et 2,30 heures/semaine durant 6 semaines (entretien et atelier peinture).

 

Le projet répondra aux divers profils et aux difficultés de chaque personne. La prise en charge pourra être individualisée mais s’organisera aussi en séances collectives pour favoriser la rencontre et l’échange au sein du groupe, ainsi que la découverte de l’autre.

 

 

B – MODULE 2 : ACCOMPAGNEMENT DU PROJET PROFESSIONNEL ET

 

ALPHABÉTISATION AU LANGAGE DU TRAVAIL.

 

Les études montrent que l’insertion des sortants et sortantes de prison sont problématiques. A plusieurs titres :

 

Rupture avec les liens familiaux,

Problème de logement, de revenus, de santé,

Difficulté à trouver un emploi.

 

Généralement, les femmes emprisonnées ont des parcours de vie personnelle et professionnel chaotiques et la prison ne résout pas ces problèmes.

Il s’agit au travers des ateliers proposés de lever les freins liés à l’embauche en utilisant différentes techniques ayant comme support de base les expériences professionnelles.

Ces expériences professionnelles même si elles ne sont pas nombreuses, doivent être valorisées ainsi  que celles acquises dans la « galère ». Ceci pour redonner confiance à ces personnes privées de liberté.

Le processus de réinsertion des personnes aux parcours difficiles, en situation de grande exclusion et parfois repliées sur elles-mêmes, sera un processus compliqué à mettre en route.

L’alphabétisation interviendra dans le contexte d’ateliers fondés sur l’empathie, l’écoute active, le récit de vie professionnelle, les exercices en groupe, les jeux de rôle (vie courante, marché, confection de repas, mesure, calcul de coûts, savoir-être…) chacune devrait entrevoir un projet d’insertion avec un vocabulaire professionnel enrichi.

Au-delà de la MACO, il faut tisser un réseau d’association, d’entreprises partenaires prêtent à accueillir ces femmes pour un travail ou en formation en milieu de travail comme le conçoit le Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation non formelle.

 

Durée et déroulement :

 

Nous envisageons dans un  premier temps d’encadrer 20 femmes.

Le module 2 se fera au rythme de 1 atelier par semaine de 2h sur 8 semaines.

 

  •  

Classeurs, stylos, feuilles blanches.

 

 

C- Module 3 : DEVELOPPEMENT PERSONNEL

 

L’Empowerment

 

Définition : L'empowerment, parfois aussi appelée autonomisation au Québec, est l'octroi de davantage de pouvoir aux individus ou aux groupes pour agir sur les conditions sociales, économiques, politiques ou écologiques qu'ils subissent.

 

Le concept d’empowerment est né au sein de stratégies de développement communautaire. Il consiste à développer le pouvoir des citoyens dans un processus de croissance, en participant à des expériences collectives significatives :

 

 

1 Le développement d'un sentiment plus puissant de soi par rapport au monde ;

 

2 La construction d’une compréhension des forces sociales qui ont un impact sur la vie quotidienne ;

 

3 La préparation de stratégies fonctionnelles et la récupération des ressources pour atteindre des objectifs personnels et professionnels.

 

 

L'empowerment comporte donc quatre composantes essentielles :

 

la participation, la compétence, l'estime de soi et la conscience critique (conscience individuelle, collective, sociale et politique).

Lorsque ces quatre composantes sont en interaction, un processus d'empowerment est alors enclenché.

Ce processus proactif est centré sur les forces, les droits et les habiletés des individus et de la communauté, plutôt que sur les déficits ou les besoins.

L'application de ce processus dans le monde pénitentiaire exige une redéfinition qui doit être compatible avec le contexte. Pour éviter tous malentendus il est important de comprendre que le terme de pouvoir est utilisé dans le sens d’autonomisation des femmes et de réappropriation de leurs ressources.

Activités proposées

Les activités proposées consistent principalement en une série d'exercices, des jeux, des jeux de rôle, des simulations impliquant en particulier la sphère émotionnelle et motrice de la personne, avec feedback de réflexion sur les expériences réalisées.

Il est prévu 4 journées structurées comme suit :

 

PRESENTATION

Première journée (3 heures)

 

 

Présentation du formateur et du cours de formation

Présentation des participants par le biais d'un jeu de rôle

Pacte de formation 

Exercice pour briser la glace

Feedback 

 

L’AUTO-ESTIME

Deuxième journée (3 heures)

 

Identification des qualités personnelles.

Activité théâtrale pour la mise en scène des vertus personnelles dans les situations de conflit.

Projet personnalisé d’action.

Feedback

 

COMMUNICATION

Troisième journée (3 heures)

 

Exercice de développement de l'empathie :

Le porteur et l’aveugle

Exercice sur le contrôle des émotions :

Le cercle neutre

Feedback

 

 

EMPOWERMENT ET CONSTRUCTION DE NOUVELLES POSSIBILITES

Quatrième journée (3 heures)

 

De la peur au courage

Jeu de confiance : TRANS FALL

Jeu d’images : comment sera ma vie en deux ans ?

Feedback final

 

 

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